
Depuis 2014, la Régie du bâtiment du Québec reçoit en moyenne 2 843 plaintes par année pour travaux sans licence. Derrière chaque plainte, une famille qui pensait avoir fait le bon choix. J’ai vu des propriétaires perdre des milliers de dollars avec des entrepreneurs qui semblaient pourtant professionnels au téléphone. La bonne nouvelle ? Ces situations sont évitables. Voici ce que j’aurais aimé qu’on m’explique il y a dix ans.
Choisir votre entrepreneur en 60 secondes :
- Vérifiez la licence RBQ active avant toute discussion
- Exigez 3 soumissions détaillées comparables
- Limitez l’acompte à 10-15 % maximum
- Signez un contrat écrit avec clauses de pénalité
Ce qui distingue un entrepreneur général fiable d’un amateur
Le prix le plus bas est rarement le meilleur choix. Je sais que ça semble contre-intuitif quand on a un budget serré. Soyons clairs : un entrepreneur qui propose 30 % moins cher que les autres cache forcément quelque chose. Soit il n’a pas de licence, soit il sous-estime les travaux, soit il prévoit utiliser des matériaux de moindre qualité.
Dans les dossiers que j’ai pu observer dans la grande région de Montréal, l’erreur la plus fréquente reste de signer un contrat sans avoir vérifié la licence RBQ active et les assurances de l’entrepreneur. Résultat fréquent : chantier abandonné à mi-parcours, sans recours possible. Ce constat est limité à mon périmètre d’observation et peut varier selon le type de projet et la région.

Un entrepreneur fiable se distingue dès le premier contact. Il pose des questions sur votre projet avant de parler de prix. Il insiste pour visiter les lieux avant de rédiger une soumission. Il fournit spontanément son numéro de licence RBQ et vous invite à le vérifier. À l’inverse, méfiez-vous de celui qui vous donne un prix au téléphone sans avoir vu le chantier.
Les 3 signaux d’alarme à ne jamais ignorer :
- Demande d’acompte supérieur à 20 % avant tout travail
- Impossibilité de fournir un numéro de licence RBQ vérifiable
- Refus de signer un contrat écrit détaillé avec échéancier
Je me souviens d’un cas à Châteauguay. Martin, propriétaire d’un bungalow, avait choisi l’entrepreneur au prix le plus bas pour rénover son sous-sol avec agrandissement. Pas de vérifications. Six mois plus tard, travaux non conformes au Code du bâtiment, entrepreneur disparu. Il a dû tout refaire avec un entrepreneur licencié RBQ. Surcoût : environ 40 %. Ce genre d’histoire, j’en vois régulièrement.
Les 5 vérifications obligatoires avant de signer
Ces vérifications prennent une heure maximum. Une heure pour éviter des mois de problèmes. D’après la Régie du bâtiment du Québec, tout entrepreneur doit détenir une licence valide pour effectuer des travaux de rénovation. C’est la base. Mais ça ne suffit pas.
Licence RBQ et assurances : ce que vous devez exiger
La licence RBQ prouve que l’entrepreneur a les qualifications requises et qu’il est solvable. Elle s’accompagne d’un cautionnement : 40 000 $ pour un entrepreneur général, 20 000 $ pour un entrepreneur spécialisé, selon les montants de cautionnement RBQ en vigueur. Ce montant peut vous indemniser si les travaux sont mal exécutés ou abandonnés.
La vérification prend deux minutes sur le site rbq.gouv.qc.ca. Entrez le nom de l’entreprise ou le numéro de licence. Vérifiez que la catégorie correspond à vos travaux. Une licence pour la plomberie ne couvre pas la charpente.
L’assurance responsabilité civile est tout aussi importante. Demandez une copie du certificat. Appelez l’assureur pour confirmer que la police est active. Franchement, un entrepreneur qui refuse de fournir cette preuve devrait vous inquiéter.
Références et portfolio : comment les vérifier vraiment
Les photos de projets sur un site web ne suffisent pas. N’importe qui peut télécharger des images. Demandez trois références de projets similaires au vôtre, complétés dans les deux dernières années. Appelez ces clients. Posez des questions précises : l’entrepreneur a-t-il respecté le budget annoncé ? Les délais ? Y a-t-il eu des surprises désagréables ?
Si possible, visitez un chantier en cours. Vous verrez comment l’équipe travaille, si le site est propre et organisé. C’est révélateur.
Le contrat : les clauses non négociables
Un contrat verbal ne vaut rien. La Loi sur la protection du consommateur du Québec encadre les contrats de rénovation résidentielle. Votre contrat doit inclure : la description détaillée des travaux, les matériaux utilisés avec marques et modèles, l’échéancier précis avec dates de début et fin, le calendrier des paiements liés à l’avancement réel, et les pénalités en cas de retard.
J’insiste toujours sur la clause de pénalité de retard. Sans elle, aucune pression réelle sur l’entrepreneur pour respecter les délais. Comptez environ 50 $ à 100 $ par jour de retard, c’est une fourchette courante.
Vérifications avant de signer avec un entrepreneur
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Licence RBQ vérifiée sur rbq.gouv.qc.ca
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Catégorie de licence correspondant aux travaux prévus
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Certificat d’assurance responsabilité civile valide obtenu
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Au moins 3 références de clients récents contactées
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Contrat écrit incluant échéancier et pénalités de retard
Comment comparer des soumissions qui semblent incomparables
J’ai conseillé Sylvie, une propriétaire de Brossard, qui avait reçu trois soumissions pour rénover sa cuisine et sa salle de bain. L’écart ? 30 % entre la plus basse et la plus haute. Elle penchait pour la moins chère. Le problème : cette soumission tenait sur une demi-page, sans détail des matériaux ni échéancier. Les deux autres faisaient quatre pages chacune.

L’entrepreneur bon marché ne répondait plus après avoir encaissé l’acompte de 10 000 $. Sylvie a pu récupérer 6 000 $ après 8 mois de démarches, mais elle a perdu 4 000 $ et un semestre de sa vie. Une soumission anormalement basse cache toujours quelque chose. C’est mathématique.
La RBQ recommande d’obtenir au moins trois soumissions. Mais attention : trois soumissions identiques dans leur format, pas trois bouts de papier avec des chiffres. Pour trouver des professionnels sérieux, consultez ce lien et comparez les approches proposées.
| Élément | Soumission complète | Soumission incomplète |
|---|---|---|
| Détail matériaux | Marques, modèles, quantités précises | Matériaux standards ou inclus |
| Main-d’œuvre | Heures estimées par corps de métier | Forfait global sans ventilation |
| Délais | Dates de début et fin, jalons intermédiaires | Environ 4-6 semaines |
| Conditions paiement | Échéancier lié à l’avancement réel | 50 % au début, 50 % à la fin |
| Permis municipaux | Inclus avec numéros précisés | Non mentionnés ou à vos frais |
Si vous ne pouvez pas comparer pommes avec pommes, demandez aux entrepreneurs de refaire leur soumission selon un format que vous leur fournissez. Un professionnel sérieux acceptera. Celui qui refuse a probablement quelque chose à cacher.
D’après les recommandations CAA sur les acomptes, la majorité des entrepreneurs demandent entre 10 et 15 % du montant total comme acompte. Au-delà, méfiance. L’OPC recommande même de ne verser aucun acompte si possible, mais soyons réalistes : c’est rarement applicable.
Quel type de projet pour quel type d’entrepreneur
L’entrepreneur général coordonne tous les corps de métier. Il est le chef d’orchestre de votre chantier. Mais vous n’avez pas toujours besoin d’un orchestre complet. Parfois, un soliste suffit.

Je recommande toujours de commencer par évaluer la complexité réelle de votre projet. Un remplacement de toiture seul ? Un couvreur spécialisé suffit. Une rénovation de salle de bain touchant plomberie, électricité et carrelage ? Là, un entrepreneur général fait sens.
Entrepreneur général ou artisans spécialisés : votre projet en 4 questions
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Votre projet touche-t-il plusieurs corps de métier ?
Si non → Un artisan spécialisé suffit probablement. Si oui → Passez à la question suivante.
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Le budget dépasse-t-il 30 000 $ ?
Si non → Vous pouvez coordonner vous-même 2-3 artisans. Si oui → L’entrepreneur général vous fait gagner du temps et limite les risques.
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Avez-vous le temps de superviser le chantier quotidiennement ?
Si oui → La coordination directe est envisageable. Si non → Déléguez à un entrepreneur général.
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Les travaux nécessitent-ils des permis municipaux ?
Si oui → L’entrepreneur général gère cette paperasse. Si non → La gestion directe reste simple.
Le coût d’un entrepreneur général inclut sa marge de coordination, généralement autour de 15 à 20 % du projet. C’est le prix de la tranquillité d’esprit. Sur un projet de 50 000 $, ça représente 7 500 $ à 10 000 $. La question : êtes-vous prêt à investir ce montant pour éviter de gérer les sous-traitants vous-même ?
Pour approfondir les critères pour trouver un bon artisan, consultez ce guide complémentaire si vous optez pour des spécialistes plutôt qu’un entrepreneur général.
Vos questions sur le choix d’un entrepreneur général
Comment vérifier si une licence RBQ est valide ?
Rendez-vous sur le site rbq.gouv.qc.ca et utilisez l’outil de recherche. Entrez le nom de l’entreprise ou le numéro de licence. Vérifiez que le statut est actif et que les catégories de travaux correspondent à votre projet. La vérification prend moins de deux minutes.
Quel pourcentage d’acompte est raisonnable ?
Les organismes de protection du consommateur recommandent de limiter l’acompte à 10-15 % du montant total. Au-delà de 20 %, c’est un signal d’alarme. L’idéal : un calendrier de paiements lié à l’avancement réel des travaux, pas à des dates arbitraires.
Que faire si l’entrepreneur abandonne le chantier ?
Envoyez d’abord une mise en demeure par courrier recommandé. Si l’entrepreneur détient une licence RBQ, vous pouvez réclamer une indemnisation via le cautionnement (jusqu’à 40 000 $ pour un entrepreneur général). Contactez aussi l’Office de la protection du consommateur pour connaître vos recours.
Un entrepreneur peut-il commencer sans permis municipal ?
Non, pour les travaux qui l’exigent. Les permis doivent être obtenus avant le début du chantier. C’est la responsabilité de l’entrepreneur de s’en assurer si c’est prévu au contrat. Vérifiez que les numéros de permis figurent dans la soumission pour les travaux structuraux ou électriques.
Est-ce que vérifier la licence RBQ suffit vraiment ?
C’est nécessaire mais pas suffisant. La licence confirme les qualifications de base, mais elle ne garantit pas la qualité du travail ni le respect des délais. Complétez toujours par la vérification des assurances, des références clients et la signature d’un contrat détaillé.
La timeline typique d’un processus de sélection sérieux ressemble à ceci : J+0 demande de soumissions, J+7 à J+14 réception et première comparaison, J+14 à J+21 vérifications RBQ et appels aux références, J+21 à J+30 négociation et signature du contrat. Prévoyez un mois complet avant le début des travaux.
Pour aller plus loin sur le choix d’une entreprise de rénovation, ce guide approfondit les critères spécifiques selon les types de projets.
Votre plan d’action immédiat
- Cette semaine : identifiez 3 entrepreneurs potentiels et vérifiez leur licence RBQ en ligne
- Avant toute rencontre : préparez une liste des travaux souhaités avec photos de l’existant
- À chaque soumission reçue : comparez avec la grille présentée dans cet article
- Avant signature : appelez au moins deux références et demandez le certificat d’assurance
La question à vous poser maintenant : êtes-vous prêt à investir une heure de vérifications pour éviter des mois de problèmes ? Les propriétaires que j’accompagne qui prennent ce temps ne le regrettent jamais.